principiorum gondorlae descriptio

 

Bienvenue dans la description des principes de Gondorla.

 

Gondorla est un objet imaginaire que des histoires rendent visible. Elles lui servent de papier-peint, de dallage, de lambris.

 

Leurs analogies habillent cette structure disparate et périssable : la seconde nature.

 

Gondorla n'a rien à dire sur le monde et son épaisseur. Elle est une maison de papier, une forme transitoire dans le monde.

 

Son coeur est une halte où, idéalement, chacun peut s'attarder avant de repartir de plus belle.

 

O. Novanni

 


une longue chaîne

"Savage tout comme Moehanga lui-même croyait que son savoir européen et les outils offerts le rendraient important à son retour en Nouvelle Zélande.

Mais Moehanga, quoique courageux et intelligent,  n'avait ni le statut, ni la détermination, ni le recul pour que cela se produise. Ses chefs s'approprièrent  ses marchandises, ses histoires ne furent pas crues, et bien qu'il servît dans une certaine mesure comme intermédiaire (les capitaines baleiniers l'utilisaient comme une sorte de facteur), il oublia bien vite l’essentiel de son anglais, ce qu'il refusait d'admettre. Par frustration, il vola une hache dans un bateau étranger, et fut exilé par sa tribu. En 1815, John Nicholas le trouva, prolixe et importun, poussant ses compatriotes à donner le bras aux visiteurs européens, formant ainsi une longue chaîne, selon ce qu'il prétendait être une coutume européenne."

 

Making Peoples, A History of the New Zealanders, From Polynesian Settlement to the End of the Nineteenth Century, James Belich (1996) pp 140-1


énergie centripète

« Ni Tanjung vit dans une petite chambre plongée dans la semi-obscurité. Cette vielle dame de 85 ans est grabataire, trop fragile pour se lever et soutenir son corps. (…) Elle enchante ses nuits par la création fiévreuse de figurines colorées qu'elle dessine et découpe avec soin. (…) Son œuvre se déploie à huis clos, et prend naissance grâce une énergie centripète (…) »
À propos de l’artiste Ni Tanjung, questions à Lucienne Peiry,

Artension (2014)


mirabilia

« Les mirabilia ne manquent pas dans ce Livre XXXVII; mais presque toujours, lorsque Pline cite les vertus merveilleuses attribuées à certaines gemmes, il prend soin de rapporter le nom de l’auteur qui s’est porté garant de faits suspects ou saugrenus, et il laisse entendre qu’il n’y croit pas. »

Eugène de Saint-Denis, introduction (1972) à Pline l’Ancien
Histoire Naturelle, livre XXXVII : (pierres précieuses; objets en ambre jaune, en cristal; vases murrhins)

 


chien archéologique

Pendant que j’étais dans les Marais (du Sud de l’Irak), je n’ai jamais cherché à rassembler des objets ayant un intérêt archéologique. Mais un jour on m’a donné un sceau hittite, et une autre fois un fragment de feuille de plomb couvert d’incisions qui se révélèrent être des caractères phéniciens. L’homme qui me le donna dit qu’il provenait d’un énorme rouleau qu’ils avaient fondu pour fabriquer des balles. Lors d’une troisième occasion, on me conduisit en grand secret dans une maison, on me montra une figurine de  chien en terre cuite. Sur le dessous était imprimé Made in Japan.

Les Arabes des Marais (1964), Wilfred Thesiger


véhémence du coeur

 "mais l’Espagne l’emporte par le sparte de ses déserts, ainsi que par la pierre spéculaire, et aussi par ses teintures luxueuses, par son ardeur au travail, par l’activité de ses esclaves, par l’endurance physique des hommes, par (la véhémence de leur coeur)."

L'Histoire Naturelle, Livre XXXVII - Des pierres précieuses (env. 77 après J. C.)

Pline l'Ancien

(Traduction originale Eugène de Saint-Denis)


impulsions vulgaires


Miss Ambient « avait, je crois, la dotation habituelle d’impulsions vulgaires : elle souhaitait qu’on la regarde, elle souhaitait se marier, elle souhaitait qu’on la considère originale.»
L’auteur de « Beltraffio » (1884)
Henry James


dada

Le Caporal Trim, détail d'après le Siège de Namur (1773), gravure d'après Tristram Shandy par Henry W. Bunbury
Le Caporal Trim, détail d'après le Siège de Namur (1773), gravure d'après Tristram Shandy par Henry W. Bunbury

Chacun chevauche son propre dada.

 

‘I have but one more stroke to give to finish Corporal Trim's character, — and it is the only dark line in it. — The fellow lov'd to advise, — or rather to hear himself talk...’

 

“Il ne me manque qu’un coup de pinceau pour achever le caractère du Caporal Trim, -c’est le seul trait sombre qui y soit. Ce gars aimait à donner des conseils, - ou plutôt, il aimait s’écouter parler...”

 

The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman (La vie et les opinions de Tristram Shandy, Gentilhomme) (1759-1767), Laurence Sterne

 


bizarrerie

D'après Pierre Teyssonnières
D'après Pierre Teyssonnières

"Monsieur, lui dis-je, serait-il indiscret de vous demander les raisons de cette bizarrerie? A ces mots, un air qui exprimait tout le plaisir que ressentent les hommes habitués à monter sur le dada, passa sur la figure du notaire. Il releva le col de sa chemise avec une sorte de fatuité, tira sa tabatière, l'ouvrit, m'offrit du tabac; et, sur mon refus, il en saisit une forte pincée. Il était heureux! Un homme qui n'a pas de dada ignore tout le parti que l'on peut tirer de la vie. Un dada est le milieu précis entre la passion et la monomanie. En ce moment, je compris cette jolie expression de Sterne dans toute son étendue, et j'eus une complète idée de la joie avec laquelle l'oncle Tobie enfourchait, Trim aidant, son cheval de bataille."

 

La Grande Bretèche, Honoré de Balzac (1831)